
Coenantibus autem illis
Juan de Lienas (v.1617 – 1654)
Magnificat V toni
Hernando Franco (1532-1585)
Cui luna sol et omnia
Francisco López y Capillas (1614-1674)
Jesós de mi gorazón
Gaspar Fernandes (1566 – 1629)
¡Oh, labios! decidme vos
Gaspar Fernández (1566-1629)
Primer tono con la final en Re (orgue solo)
attr. à Sor María Clara del S.Sacramento (1806-1861)
Quién sale aqueste dia disfrazado
Juan Mathías (v1618-v.1665)
Para que se viste flores
Juan Gutiérrez de Padilla (v.1590 – 1664)
Tarara, yo soy Antón (instrumental)
Antonio de Salazar (1650- v. 1715)
Digan, digan quién vio tal?
Antonio de Salazar (1650- v. 1715)
Aunque al sueño
Manuel de Sumaya (v.1680 – 1755)
Al prodigio mayor
Manuel de Sumaya (v.1680 – 1755)
Convidando está la noche
Juan García de Zéspedes (1619 – 1678)
à propos du programme
Les cathédrales de la Nouvelle-Espagne — principalement celles de Mexico, Puebla et Oaxaca — ont été les centres de production musicale les plus importants de la période vice-royale (1521-1821). À la tête de leurs chapelles musicales se sont succédé les maîtres réunis dans ce programme : depuis Hernando Franco au XVIe siècle, qui introduisit la polyphonie de la Renaissance, en passant par des créateurs tels que Francisco López y Capillas et Juan Gutiérrez de Padilla, jusqu’à Manuel de Sumaya au XVIIIe siècle, qui y incorpora le langage du baroque italien.
Ce soir, nous présentons un échantillon de l’énorme et riche production musicale de l’époque.
Ces musiciens ont composé tant pour la liturgie officielle en latin que pour les festivités populaires. Avec une égale maîtrise, les œuvres passaient du recueillement de l’autel à la ferveur de la place publique : dans leurs villancicos et chanzonetas, écrits en espagnol ou en langues vernaculaires, ils ont absorbé les danses ibériques, les syncopes africaines et la couleur des langues autochtones. Les chapelles vice-royales fonctionnaient ainsi comme des espaces de flexibilité et de coexistence culturelle, où la musique écrite s’adaptait aux ressources disponibles et assimilait l’environnement social qui entourait les temples.
La sélection des pièces de ce concert est née d’un lien direct avec ce patrimoine. Durant la période de formation de notre chef de choeur, au Mexique, il as fait partie d’ensembles choraux dirigés par des musicologues, eux-mêmes responsables du sauvetage et de la transcription de ces archives historiques, recevant ainsi de première main une grande partie des partitions du programme que nous présentons ce soir.
les musiciens
les compositeurs
Juan de Lienas (v. 1617 – 1654) C’est l’un des compositeurs les plus énigmatiques du XVIIe siècle de la Nouvelle-Espagne. Probablement d’origine noble indigène (cacique), sa musique polyphonique a survécu principalement dans des manuscrits de couvents féminins, comme celui de l’Incarnation à Mexico. Il s’est distingué par son style raffiné dans la composition de messes, de magnificats et de motets, s’inscrivant dans la lignée de la polyphonie classique espagnole.
Source : Cambridge University Press, Revue The Americas / Diccionario de la Música Española e Hispanoamericana, Sociedad General de Autores y Editores (SGAE).
Hernando Franco (1532 – 1585) Né en Espagne, il s’est formé à la cathédrale de Ségovie avant de s’embarquer pour l’Amérique. Il fut maître de chapelle de la cathédrale de Guatemala, puis de la cathédrale de Mexico de 1575 jusqu’à sa mort. Il est considéré comme le plus grand représentant de la polyphonie de la Renaissance en Nouvelle-Espagne. Parmi ses œuvres, on retient de magnifiques pièces en latin, ainsi que les premiers hymnes chrétiens conservés en langue nahuatl.
Source : Robert Stevenson, Music in Mexico: A Historical Survey, Oxford University Press / Base de données académique Redalyc.
Francisco López y Capillas (1614 – 1674) Né à Mexico, il est considéré comme le premier grand maître de chapelle créole et l’un des plus brillants contrapuntistes du Nouveau Monde. Il a travaillé à la cathédrale de Puebla sous la direction de Juan Gutiérrez de Padilla, avant de reprendre le poste principal à la cathédrale de Mexico en 1654. Ses messes et ses magnificats se distinguent par leur grande complexité technique, l’usage de canons et de structures polychorales.
Source : Anales del Instituto de Investigaciones Estétiques, Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM) / Répertoire d’études ibéro-américaines Dialnet.
Gaspar Fernandes / Fernández (1566 – 1629) Compositeur et organiste. Il a servi à la cathédrale de Santiago de Guatemala et, en 1606, a pris la direction de la chapelle de la cathédrale de Puebla. Il est célèbre pour avoir compilé le Cancionero Musical de Gaspar Fernandes, un manuscrit inestimable contenant des centaines de villancicos vernaculaires. Ces pièces reflètent le métissage culturel colonial, mêlant dialectes indigènes, « negrillas » (musique d’influence afro-descendante) et chants populaires.
Source : Aurelio Tello, Archivo Musical de la Catedral de Puebla, Centro Nacional de Investigación, Documentación e Información Musical (CENIDIM) / Projet de recherche DeMusica du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
Sor María Clara del S. Sacramento (1806 – 1861) Bien qu’elle appartienne chronologiquement au XIXe siècle (période du Mexique indépendant), elle incarne la continuité des grandes traditions musicales des couvents d’Oaxaca nées à l’époque vice-royale. Née à Oaxaca, elle a fait partie d’une célèbre dynastie familiale d’organistes et de facteurs d’orgues. Son œuvre et sa vie documentent magnifiquement le rôle des femmes musiciennes au sein de la clôture religieuse.
Source : Cecilia Winter, Archives de l’Instituto de Órganos Históricos de Oaxaca (IOHIO) / Monographie sur les dynasties de facteurs d’orgues au Mexique, Academia.edu.
Juan Matías (v. 1618 – v. 1665) Un compositeur d’une immense importance historique en raison de son origine indigène zapotèque. Il a gravi les échelons ecclésiastiques grâce à son extraordinaire talent musical jusqu’à devenir maître de chapelle de la cathédrale d’Oaxaca, poste qu’il occupa pendant une quinzaine d’années. Reconnu comme multi-instrumentiste, pédagogue et créateur prolifique de répertoire sacré, il a gagné le respect unanime des autorités de son temps.
Source : J. E. F. Starr, From Cofradia to Mayordomia, Département d’Études Hispaniques, University of Glasgow Theses / Archives de musicologie de la Cathédrale d’Oaxaca, Bibliothèque numérique JSTOR.
Juan Gutiérrez de Padilla (v. 1590 – 1664) Né à Malaga, en Espagne, il a émigré en Nouvelle-Espagne où il est devenu l’une des figures de proue du baroque américain. Il a été le maître de chapelle de la cathédrale de Puebla pendant sa période de plus grande splendeur (1629-1664). Sous sa direction, la cathédrale a constitué des archives monumentales. Son œuvre est célèbre pour ses compositions complexes à double chœur (polychoralité) et ses joyeux villancicos de Noël.
Source : J. W. Mims, Miguel Mateo Dallo y Lana, Mexican Baroque Composer, Répertoire en libre accès CORE Archive / Catalogue historique de la Cathédrale de Puebla, Dialnet.
Antonio de Salazar (1650 – v. 1715) Successeur des grands maîtres du XVIIe siècle, il a d’abord servi à la cathédrale d’Oaxaca avant de devenir, dès 1688, maître de chapelle de la cathédrale de Mexico. Sa gestion et son influence ont marqué la transition vers le plein langage baroque hispanique du XVIIIe siècle. En plus de sa production liturgique et de ses villancicos, on lui doit la réorganisation et la préservation des précieuses archives musicales de la cathédrale de la capitale.
Source : Robert Stevenson, Inter-American Music Review, Université de Californie / Études biographiques des Maîtres de chapelle de la Cathédrale de Mexico, Système d’information scientifique Redalyc.
Manuel de Sumaya / Zumaya (v. 1680 – 1755) (Apparaît en double dans la liste) Né au Mexique, Sumaya émerge comme l’un des esprits musicaux les plus brillants du continent. Il fut maître de chapelle de la cathédrale de Mexico (où il composa La Parténope en 1711, considérée comme le premier opéra créé en Amérique du Nord) avant de s’installer à la cathédrale d’Oaxaca. Son style réalise une synthèse magistrale entre la polyphonie espagnole traditionnelle et les nouvelles tendances du baroque italien (style concertant avec violons).
Source : Aurelio Tello, La música en las catedrales de México y Oaxaca, Instituto Nacional de Bellas Artes y Literatura (INBAL) / Publications de l’UNESCO sur le patrimoine musical hispano-américain.
Juan García de Zéspedes (1619 – 1678) Compositeur, chanteur et joueur de basse de viole né à Puebla. Il s’est formé dès son enfance dans le chœur de la cathédrale de Puebla sous la tutelle directe de Juan Gutiérrez de Padilla, à qui il a succédé comme maître de chapelle en 1664. Il est mondialement célèbre pour son « juguete » de Noël Convidando está la noche, une pièce qui alterne des sections lyriques avec une « guaracha », illustrant parfaitement l’influence des rythmes populaires et africains dans la musique sacrée de l’époque. Source : Alejandro Vera, Revue Eighteenth-Century Music, Cambridge University Press / Essais sur le baroque métissé d’Amérique latine, Bibliothèque numérique JSTOR.





